1930 URUGUAY
La décision de la FIFA d'organiser la première Coupe du Monde de la FIFA en Uruguay ne fait pas l'unanimité, l'Europe traversant une grosse crise économique. De plus, le fait de participer à une Coupe du Monde de la FIFA outre-Atlantique implique une longue traversée maritime, ce qui signifie pour certains clubs se passer de leurs meilleurs joueurs pendant deux mois. D'ailleurs, ce dernier point pose encore problème aujourd'hui...
Le déroulement de la compétition a évolué depuis cette époque. En effet, la première Coupe du Monde de la FIFA ne comportait pas de qualifications. Les 13 équipes étaient invitées et le tirage au sort final n'était fait qu'une fois les équipes arrivées en Uruguay.
Comme prévu, la France sort vainqueur (4-1) du match d'ouverture, qui l'oppose au Mexique. La première finale de l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA met aux prises le pays organisateur et son voisin, l'Argentine. Menée 2-1 à la mi-temps, la "Céleste" se reprend pour terminer 4-2 et remporter la coupe, œuvre du sculpteur français Abel Lafleur.1934 ITALIE
L'Italie, un des candidats malheureux à l'organisation de l'édition de 1930, est choisie par la FIFA pour accueillir la deuxième Coupe du Monde de la FIFA.
Après un périple de 13 000 km, l'Argentine et le Brésil ne disputent qu'un seul match, une défaite, avant de faire leurs valises. Menée 1-0 à huit minutes de la fin du temps réglementaire, l'Italie parvient à s'imposer 2-1 en finale contre la Tchécoslovaquie.
Cette Coupe du Monde de la FIFA, qui se déroule du 27 mai au 10 juin 1934, est manifestement plus encourageante que la précédente. Trente-deux nations y prennent part, de sorte qu'il faut instaurer un tour préliminaire (même l'Italie, pays organisateur, n'en est pas dispensée) à l'issue duquel 16 équipes sont retenues pour les phases finales. En guise de représailles aux nombreuses défections des équipes européennes quatre ans plus tôt, plusieurs nations sud-américaines, comme l'Argentine et le Brésil, envoient en Italie une équipe bis. Quant à l'Uruguay, il ne daigne même pas venir défendre son titre.
1938 FRANCE
La troisième Coupe du Monde de la FIFA se déroule en France alors que les nuages noirs de la guerre assombrissent le ciel européen. Des motifs politiques empêchent d'ailleurs la participation d'un certain nombre des meilleures nations. L'Autriche se qualifie mais déclare forfait - même si certains de ses joueurs participent quand même sous les couleurs de l'Allemagne -, tandis que l'Espagne est dévastée par la guerre civile. L'Argentine et l'Uruguay s'abstiennent également.
Le Brésil et la Pologne disputent l'un des meilleurs matches de tous les temps à Strasbourg, au cours duquel les Sud-américains triomphent 6-5 après prolongation grâce à quatre buts de Leonidas, qui joue quelques minutes pieds nus. En finale, l'Italie triomphe de la Hongrie 4-2 à Paris.
1950 Bresil
Durant toute la Deuxième Guerre mondiale, le vice-président italien de la FIFA, le Dr Ottorino Barassi, garde le trophée de la Coupe du Monde de la FIFA caché sous son lit dans une boîte à chaussures, afin d'éviter que les troupes d'occupation ne s'en emparent.
Lors de la première Coupe du Monde de la FIFA de l'après-guerre, les éliminatoires tournent à la mauvaise farce lorsque des équipes déjà qualifiées déclinent l'invitation alors que d'autres sélections, bien qu'éliminées, se voient offrir de disputer la compétition. Devant le refus de la FIFA d'accéder à sa demande de jouer pieds nus, l'équipe indienne annule sa participation. Dans ce contexte, seules treize équipes sont au rendez-vous de la phase finale de la compétition.
La première Coupe du Monde de la FIFA de l'après-guerre est remportée par l'Uruguay, pour la seconde fois de son histoire, au terme d'une "finale qui n'en est pas une". Au cours de l'épreuve, les États-Unis prennent le meilleur sur le Royaume-Uni 1-0 à Belo Horizonte et l'équipe suédoise, composée de joueurs amateurs, défait l'Italie 3-2 à São Paulo.
La phase finale de la compétition est disputée sous forme de mini-championnat, opposant le Brésil, la Suède, l'Espagne et l'Uruguay. Dans le duel face à l'Uruguay, un nul suffit au Brésil pour ravir la couronne mondiale, mais la Seleção s'incline 1-2 devant les 174 000 spectateurs du stade Maracana à Rio.
1954 Suisse
Quatre ans après la passion brésilienne du stade Maracana, la Coupe Jules Rimet retrouve l'Europe et un environnement plus feutré, la compétition ayant lieu en Suisse. Mais que l'on ne s'y trompe guère, un spectacle hallucinant a bien eu lieu sur le terrain. La 5e Coupe du Monde de la FIFA restera dans les annales pour ses scores fleuves et la victoire surprise de la République Fédérale d'Allemagne. C'est aussi la première fois que tous les joueurs arborent un numéro sur leur maillot.
Invaincue en 28 matches internationaux, la Hongrie part favorite avec des joueurs de la trempe de Puskas, Boszik, Kocsis et Hidegkuti, ainsi qu'un titre de champion olympique. Mais la tristement célèbre "bataille de Berne" entre les Hongrois et les Brésiliens - qui voit l'expulsion de trois joueurs et une bagarre générale dans les vestiaires - vient ébranler les espoirs des Magyars...
Après avoir mené 2-0 en finale contre la RFA, qu'ils avaient battue 8-3 au premier tour, ils s'inclinent finalement 3-2. Mondialisation de l'événement
Il était inscrit que la Coupe du Monde de la FIFA 1954, organisée par la Suisse au pied des Alpes, atteindrait des sommets. On n'avait jamais vu autant de pays participer aux qualifications. La création de l'AFC (Confédération Asiatique de Football) en 1954 et la participation d'équipes asiatiques (Japon, Corée) et africaines (Egypte) donnent à l'événement une dimension mondiale. Seize équipes atteignent la phase finale, soit trois de plus qu'au Brésil lors de la précédente édition. L'Amérique du Sud est représentée par l'Uruguay, le Brésil et le Mexique ; l'Asie par la Corée (la première équipe asiatique à s'être qualifiée était les Indes orientales néerlandaises en 1938). Quant à l'Europe, elle aligne l'Autriche, la Belgique, la Tchécoslovaquie, l'Angleterre, la France, la Hongrie, l'Italie, l'Ecosse, la Suisse, la Turquie, la RFA et la Yougoslavie. Ce nombre de participants devait rester inchangé jusqu'à la Coupe du Monde de la FIFA 1982, en Espagne, où il grimpe à 24.
1958 Suede
Après la Suisse, c'est au tour de la Suède d'accueillir la Coupe du Monde de la FIFA en 1958, une compétition qui a perdu entre-temps son père fondateur, Jules Rimet, décédé le 16 octobre 1956 à Paris, à l'âge de 83 ans.
Cette Coupe du Monde de la FIFA est marquée par la première victoire du Brésil, inspirée par un jeune homme de 17 ans répondant au surnom de Pelé. Celui-ci marque contre le Pays de Galles, signe un coup du chapeau lors d'une victoire (5-2) face à la France en demi-finale et ajoute deux buts supplémentaires en finale, dans un triomphe (5-2) sur la Suède.
Le Français Just Fontaine inscrit 13 buts au cours du tournoi, un record qui tient toujours. C'est aussi la première fois dans l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA qu'un match finit sur le score nul de 0-0 : la rencontre Angleterre-Brésil au premier tour.
1962 Chili
Cette édition se solde encore par un triomphe du Brésil. Cette fois-ci cependant, Pelé ne dispute que le match d'ouverture contre le Mexique avant de se blesser. En finale, à Santiago, le Seleção s'impose 3-1 aux dépens de la Tchécoslovaquie grâce à des buts d'Amarildo, Zito et Vava. Le tournoi restera également dans les mémoires pour l'un des matches les plus indignes de l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA.
En effet, la rencontre opposant l'Italie au Chili à Santiago a dégénéré en une véritable bataille rangée, au terme de laquelle deux joueurs italiens seront expulsés et un troisième aura le nez cassé suite un solide crochet du gauche asséné par un Chilien.
1966 Angleterre
Depuis sa naissance en 1930, la Coupe du Monde de la FIFA a grandi pour devenir le tournoi international de football senior le plus important du monde.
Après le vol de la coupe Jules Rimet lors d'une exposition à Londres, la nation organisatrice retrouve le sourire quelques jours plus tard, quand un chien appelé Pickels la retrouve dans un buisson au coeur d'un jardin de banlieue du sud de Londres.
Pelé n'est pas épargné par les défenses bulgare et portugaise et le pari d'un troisième titre d'affilée pour les Brésiliens va échouer. En finale, l'Angleterre, dirigée de main de maître par Alf Ramsay (que l'on n'appelle pas encore Sir Alf), bat l'Allemagne Fédérale 4-2 à l'issue des prolongations, grâce au coup du chapeau historique marqué par Geoff Hurst. Celui-ci inscrit en particulier le but le plus controversé de l'histoire. La balle avait-elle vraiment franchi la ligne après avoir ricoché sous la barre transversale ? La polémique fait toujours rage aujourd'hui...
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